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Algérie: opportunité en crise | Article ALB

Le 2020-08-11 09:00:00, Algérie: opportunité en crise | Article ALB

Algérie: opportunité en crise

Le géant endormi d’Afrique du Nord s’ouvre enfin aux investissements étrangers, disent Mehdi Haroun et Nor …

Le géant endormi d’Afrique du Nord s’ouvre enfin aux investissements étrangers, affirment Mehdi Haroun et Nora Djeraba de King & Spalding.

L’Algérie est le plus grand pays du monde arabe, d’Afrique et du bassin méditerranéen. Les qualités géographiques et la situation stratégique du pays dans le monde, sa démographie, sa richesse en pétrole et en ressources naturelles, et son secteur de la sécurité moderne et expérimenté, en font un partenaire privilégié à fort potentiel pour les investisseurs étrangers.

Les conséquences économiques mondiales de l’épidémie de Covid-19 qui n’a pas épargné l’Algérie, ont imposé le renforcement des réformes structurelles entamées il y a plusieurs semaines. Ces réformes devraient se poursuivre et offriront sans aucun doute de nouvelles opportunités d’investissement à court terme.

RÉFORMES STRUCTURELLES IMPOSÉES PAR LA SITUATION ÉCONOMIQUE ACTUELLE

La situation économique du pays était déjà fragile après plus d’un an de troubles politiques et de soulèvements civils, qui ont contraint le président Abdelaziz Bouteflika de démissionner et a déclenché de nouvelles élections à la fin de 2019. Avec l’épidémie de Covid-19, l’Algérie est désormais confrontée au choc combiné d’une crise de santé publique, de la faiblesse des prix du pétrole et de l’impact des perturbations économiques mondiales résultant de la pandémie.

La baisse de la demande d’hydrocarbures depuis l’épidémie de Covid-19 a entraîné une baisse des prix du pétrole d’environ 50%, à leur plus bas niveau en 20 ans. Cela n’aurait pas été alarmant si l’économie algérienne n’avait pas été largement dépendante des hydrocarbures et si elle avait effectivement encouragé les investissements dans d’autres secteurs. Mais depuis des décennies, les hydrocarbures ont représenté plus de 90% des exportations du pays (environ 93,6% au premier trimestre 2018). Même avant la propagation du Covid-19, la contribution économique du secteur des hydrocarbures avait considérablement diminué avec la chute des prix du pétrole qui avait débuté mi-2014. A titre d’illustration, les hydrocarbures constituaient environ 60% des revenus du pays en 2014, mais ce chiffre est tombé à 47% en 2016 et à environ 40% en 2018 et 2019. Cette baisse a eu des conséquences importantes sur l’économie, exacerbées par d’autres facteurs.

Les investissements dans des secteurs autres que les hydrocarbures ont été complètement négligés pendant plus de 10 ans, en raison des restrictions imposées aux investissements étrangers par la règle des «  49% -51%  » (limitant l’investissement étranger dans une entité algérienne à 49% de son capital social) mise en œuvre en 2009, qui a conduit à une baisse drastique des investissements directs étrangers (IDE) (avec une baisse de 81% du nombre de nouveaux projets d’investissement entre 2007-2008 et 2010-2011).

En avril 2020, le Banque mondiale prévoyait que, compte tenu de l’augmentation de la dette, les réserves de change devraient être épuisées en 2021.

N’ayant pas d’autre choix, l’Algérie a finalement abrogé la règle des 49% -51% et mis en place plusieurs mesures incitatives dans la loi de finances additionnelle 2020 (AFA) publiée en juin 2020, visant à stimuler les investissements étrangers dans le pays. Le gouvernement a également annoncé des réformes structurelles pour passer d’un modèle économique «rentier» à une économie diversifiée et autosuffisante, qui offrira probablement de grandes opportunités aux investisseurs étrangers.

LA FIN DE LA RÈGLE DES 49-51%

Les investisseurs étrangers sont désormais libres de créer une société à capitaux 100% étrangers en Algérie s’ils le souhaitent, sauf dans les «activités d’achat et de revente» et cinq «secteurs stratégiques» définis, où la règle des 49% -51% continuera de s’appliquer.

Ces cinq secteurs stratégiques sont: l’exploitation du domaine minier national ainsi que toutes les ressources souterraines ou de surface liées à une activité extractive, à l’exception des carrières de produits non minéraux; le secteur de l’énergie en amont et toutes autres activités régies par la loi sur les hydrocarbures (qui comprend les activités en aval), ainsi que l’exploitation du réseau de distribution et le transport d’énergie électrique par câble, et le transport d’hydrocarbures (gaz et liquides) par conduites aériennes ou souterraines; l’industrie militaire et les activités connexes sous l’autorité du ministère de la Défense nationale; chemins de fer, ports et aéroports; et l’industrie pharmaceutique, à l’exception des investissements liés à la fabrication de «produits essentiels innovants, à forte valeur ajoutée, nécessitant une technologie complexe et protégée», destinés au marché intérieur et à l’exportation.

LA FIN DU DROIT DE PRÉEMPTION DE L’ÉTAT

Le droit de préemption de l’État, qui était applicable à tout transfert direct ou indirect (au moins 10%) d’actions d’une société algérienne par ou à des investisseurs étrangers, est désormais levé et remplacé, dans les secteurs stratégiques uniquement, par une autorisation gouvernementale préalable. pour tout transfert d’actions par des parties étrangères à d’autres parties étrangères du capital social d’une personne morale algérienne opérant dans l’un des secteurs stratégiques.

L’AFA 2020 prévoit qu’un règlement d’application sera publié à cet égard. Il sera intéressant de voir quel organisme gouvernemental aura le pouvoir d’accorder une telle autorisation, ainsi que les options et recours disponibles en cas de rejet de cette autorisation.

LE RETRAIT DU RECOURS OBLIGATOIRE AU FINANCEMENT LOCAL

Les entreprises étrangères qui investissent en Algérie pourront désormais financer leurs investissements grâce à des prêts accordés par des banques étrangères.

INCITATIONS SUPPLÉMENTAIRES POUR LES INVESTISSEMENTS INDUSTRIELS

L’AFA 2020 a prévu des mesures incitatives supplémentaires, telles que des exonérations de taxes et de droits de douane sur l’importation ou l’achat local de composants et de matières premières par des sous-traitants produisant des ensembles et sous-ensembles à intégrer dans des équipements des industries mécanique, électronique et électrique, ainsi que pour les entreprises opérant dans la maintenance des équipements et la production de pièces détachées dans tous les secteurs.

NOUVELLES MESURES FISCALES

L’AFA 2020 contient plusieurs nouvelles dispositions fiscales, dont l’une est l’augmentation de 24% à 30% du précompte mobilier sur les rémunérations perçues par les entreprises étrangères qui n’ont pas d’établissement stable en Algérie et n’exécutent qu’un contrat de service temporaire. L’objectif de cette augmentation est d’inciter ces entreprises à opter pour le régime fiscal normal (impôt sur les sociétés, TVA et TAP) et à créer une filiale algérienne (l’impôt sur les sociétés est compris entre 19% et 26% alors qu’aucune retenue à la source ne s’applique sur les dividendes).

PROMOTION DES ENTREPRISES EN DÉMARRAGE

L’AFA 2020 a inséré plusieurs exonérations fiscales au profit des start-up. En outre, il permet désormais aux sociétés de capital-investissement de détenir plus de 49% du capital social des start-up (alors qu’elles sont toujours liées par la limite de 49% dans tous les autres types d’entreprises). Il permet également le crowdfunding, pour faciliter la levée de fonds au profit des très petites entreprises et des start-up.

ANNONCE D’UN PLAN DE RÉCUPÉRATION

Lors de la dernière réunion du Conseil des ministres du 12 juillet 2020, le président Abdelmadjid Tebboune a chargé le gouvernement de mettre en place un plan de relance en concertation avec les opérateurs économiques et les partenaires sociaux pour mettre en œuvre des réformes structurelles en vue d’augmenter la productivité et d’encourager la diversification économique.

L’ALGÉRIE, UN PAYS D’OPPORTUNITÉS

L’Algérie est un marché assez vierge, qui offrira des opportunités d’investissement dans un large éventail de secteurs, dont certains sont encouragés par le gouvernement, comme les projets d’énergie renouvelable ou les projets solaires (le lancement d’un méga projet solaire de 4GW a été annoncé récemment) , les infrastructures, y compris le numérique, la 4G, la fibre optique, le dégroupage de la boucle locale, l’hôtellerie, l’éducation, les services, l’agriculture, la fabrication de pièces automobiles et automobiles.

Mehdi Haroun est associé et Nora Djeraba, associée senior chez King & Spalding au bureau parisien du cabinet

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