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Dans la loi sur la réconciliation, Macron reconnaît la vérité sur la mort d’un avocat algérien

Dans la loi sur la réconciliation, Macron reconnaît la vérité sur la mort d'un avocat algérien

Le 2021-03-04 09:00:00, Dans la loi sur la réconciliation, Macron reconnaît la vérité sur la mort d’un avocat algérien

PARIS – Emmanuel Macron, le premier président français né après la brutale guerre d’indépendance algérienne, a franchi une nouvelle étape vers la réconciliation par la vérité en déclarant qu’un avocat et nationaliste algérien de premier plan n’est pas mort par suicide en 1957, comme la France le prétendait depuis longtemps, mais a été torturé et tué par des soldats français.

Ali Boumendjel, éminent défenseur des Algériens emprisonnés par les Français pendant la guerre, a été capturé le 5 février 1957, lors de la bataille d’Alger et détenu au secret pendant 43 jours.

S’exprimant «au nom de la France», M. Macron a déclaré que M. Boumendjel «ne s’est pas suicidé. Il a été torturé puis assassiné.

Pendant des décennies, et malgré les pressions persistantes de la défunte veuve de l’avocat, Malika Boumendjel, la France s’est accrochée à l’histoire selon laquelle la mort était un suicide. Il l’a fait même après que le général de l’armée française, Paul Aussaresses, ait admis dans un livre publié en 2001 qu’il avait tué M. Boumendjel par défenestration à travers une fenêtre du sixième étage.

Les épisodes les plus douloureux de l’histoire de France, de son gouvernement collaborationniste de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale à la guerre d’Algérie, se sont avérés difficiles à traîner au grand jour.

Fin de 132 ans de colonisation française, la guerre d’Algérie, menée de 1954 à 1962, a fait un demi-million de morts, selon les comptes français, et 1,5 million de morts, selon l’Algérie. Il a divisé la France en factions violemment opposées qui menaçaient de déchirer le pays, avant qu’un accord de paix ne soit signé le 18 mars 1962, ouvrant la voie à l’indépendance de l’Algérie.

M. Macron, qui avant sa présidence qualifiait la colonisation française de l’Algérie de «crime contre l’humanité», est déterminé à surmonter le traumatisme franco-algérien. Son ombre s’étend encore aujourd’hui à l’importante population nord-africaine liée à l’Algérie qui s’est installée autour des grandes villes françaises.

M. Macron a invité quatre des petits-enfants de M. Boumendjel au palais de l’Élysée avant de faire l’annonce mardi soir.

Cette nouvelle génération «doit être capable de construire son propre destin, loin des deux ornières que sont l’amnésie et le ressentiment», indique un communiqué publié par le bureau du président. «C’est pour eux, jeunes français et algériens, qu’il faut avancer sur le chemin de la vérité, la seule qui puisse conduire à la réconciliation des souvenirs.»

Le gouvernement algérien a salué la déclaration de M. Macron. « L’Algérie note avec satisfaction l’annonce par le président français Emmanuel Macron de sa décision d’honorer le combattant et martyr Ali Boumendjel », a déclaré jeudi la télévision d’Etat, citant un communiqué.

Cette réponse positive contraste avec l’accueil mitigé réservé en Algérie à un rapport commandé par M. Macron sur l’héritage de la colonisation et d’une guerre d’indépendance entre les deux pays. Rédigé par Benjamin Stora, un éminent historien français, et rendu public en janvier, il a appelé à une commission Souvenirs et vérité, désormais établie, pour faire la lumière sur l’histoire sombre du conflit et panser les blessures.

Mais pour les Algériens exigeant des excuses pour les crimes de guerre coloniaux français, cela n’a pas répondu à leurs attentes. Le porte-parole du gouvernement algérien, Ammar Belhimer, a déclaré à l’époque que le rapport n’était «pas objectif» car il plaçait «la victime et le bourreau au même niveau».

M. Stora avait demandé dans son rapport à la France de reconnaître la véracité du meurtre de M. Boumendjel. La pression avait augmenté avant l’annonce du président.

M. Macron a déjà reconnu, en 2018, le recours généralisé à la torture par les forces françaises, et plus particulièrement son utilisation contre Maurice Audin, membre du Parti communiste algérien qui a également été tué par des soldats français en 1957.

M. Macron, qui fait face à une élection présidentielle dans 14 mois et qui sait à quel point la question algérienne est toujours explosive à droite de l’échiquier politique, a insisté sur le fait qu’il n’y aura «ni repentir ni excuses». L’ambassadeur de France en Algérie, François Gouyette, a déclaré dans une interview publiée cette semaine que la réconciliation doit se faire dans un esprit de «ni déni ni repentir».

Jean Castex, Premier ministre de M. Macron, a déclaré en novembre dernier que «l’auto-flagellation» française autour du thème de la colonisation était regrettable. Il a appelé le pays à assumer son histoire et à y trouver une source de fierté.

Le 60e anniversaire de la fin de la guerre sera marqué en mars de l’année prochaine, un mois avant le premier tour de l’élection présidentielle. M. Macron est déterminé à faire avancer sa quête de réconciliation franco-algérienne avant cette date, en partie pour éviter le défi anti-immigrés de Marine Le Pen.

Candidate pérenne, Mme Le Pen a travaillé dur pour séduire le centre-droit modéré en abandonnant certaines de ses positions les plus extrêmes, comme la sortie de l’Union européenne et de l’euro. Son parti du Rassemblement national, anciennement le Front national, a exploité les ressentiments face à la perte de l’Algérie pour renforcer son soutien après sa fondation il y a près d’un demi-siècle.

« Aucun crime, aucune atrocité commise par qui que ce soit pendant la guerre d’Algérie, ne peut être excusé ou caché », a déclaré M. Macron dans son communiqué. «Ils doivent être considérés avec courage et lucidité, dans le respect absolu de tous ceux dont ils ont détruit la vie et le destin.»

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