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La visite de Macron ravive la polémique sur les essais nucléaires de la France en Algérie

La visite de Macron ravive la polémique sur les essais nucléaires de la France en Algérie

Actuexpress Le 2021-07-31 20:35:58, La visite de Macron ravive la polémique sur les essais nucléaires de la France en Algérie

Samiha Sheta

Bien que plus de 60 ans se soient écoulés depuis le premier essai nucléaire mené par la France en Algérie, le dossier de la localisation des sites d’enfouissement des déchets nucléaires et leur dépollution des matières radioactives reste l’une des principales différences entre les deux pays.

Le dossier est revenu sur le devant de la scène après que le président français Emmanuel Macron a admis mardi dernier lors de sa visite à Papeete que son pays devait à la Polynésie française en raison des essais nucléaires menés entre 1966 et 1996 dans l’océan Pacifique.

Papeete, la capitale des plus grandes îles de l’archipel de Polynésie française, a été témoin de milliers de manifestations ce week-end, exigeant que Paris reconnaisse son « erreur » en menant des essais nucléaires dans la région sur une période de trente ans, une semaine avant la visite de Macron.

La France avait mené le premier essai réussi d’une bombe atomique au fond du désert algérien en 1960, devenant ainsi la quatrième puissance nucléaire au monde après les États-Unis, l’Union soviétique et la Grande-Bretagne.

Alors que l’Algérie et la France tentent de trouver une formule satisfaisante pour régler leurs différends sur la douloureuse histoire de la période d’occupation de l’Algérie par la France de 1954 à 1962, l’identification et l’élimination des sites radioactifs restent l’une des principales différences entre les deux pays.

La France avait mené 17 essais nucléaires dans le désert algérien entre 1960 et 1966, mais elle a refusé les demandes de l’Algérie de régler cette question et de lui fournir des cartes des sites où étaient enfouis tous les déchets radioactifs issus des essais de bombes qu’elle a menés dans les sables du désert algérien, et pendant des décennies il s’est abstenu de divulguer leurs localisations, ce qui fait de ce dossier l’un des dossiers contentieux les plus complexes de l’héritage de la colonisation française de l’Algérie, que la France appelle le dossier de la mémoire a.

L’ancien ministre algérien des Anciens Combattants, Tayeb Zitouni, a récemment accusé la France de refuser de publier des cartes topographiques précisant « les lieux d’enfouissement de déchets polluants, radioactifs ou chimiques qui n’ont pas encore été découverts ».

Zitouni a déclaré que « la partie française n’a, d’un point de vue technique, pris aucune initiative pour nettoyer les sites, et la France n’a pris aucune action humanitaire pour indemniser les victimes, bien que les bombardements soient des preuves irréfutables des crimes commis, dont le rayonnement affecte toujours les humains et l’environnement.

Un nuage radioactif du test de 1962 a infecté au moins 30 000 Algériens, selon les estimations de l’agence de presse officielle algérienne en 2012.

Des documents français, déclassifiés en 2013, ont révélé d’importantes retombées radioactives de l’Afrique de l’Ouest vers le sud de l’Europe.

Le mois dernier, l’Algérie a créé une agence nationale pour réhabiliter les anciens sites d’essais nucléaires français.

La France a adopté en 2010 une loi prévoyant l’indemnisation « des personnes atteintes de maladies résultant de l’exposition aux rayonnements des essais nucléaires menés dans le désert algérien et en Polynésie entre 1960 et 1998.

Aucun des habitants de la région désertique reculée n’a été indemnisé, mais sur les 50 Algériens qui ont déposé des réclamations depuis lors, un seul militaire algérien qui était stationné sur l’un des sites « a réussi à obtenir une indemnisation », selon la Campagne internationale pour Abolir les armes nucléaires (ICAN).

Une étude publiée il y a un an intitulée « La radioactivité sous le sable » exhortait Paris à remettre à l’Algérie une liste complète des lieux de sépulture et à faciliter leur nettoyage.

Le traité de 2017 sur l’interdiction des armes nucléaires oblige les pays à fournir une assistance adéquate aux personnes touchées par l’utilisation ou les essais d’armes nucléaires et a été signé par 122 États membres de l’ONU, mais pas par aucune des puissances nucléaires.

La France a déclaré que le traité « contredit une approche réaliste et progressiste du désarmement nucléaire ».

Les essais de la France en Polynésie ressemblent beaucoup aux essais d’armes nucléaires des États-Unis aux Îles Marshall. Au plus fort de la guerre froide, de 1946 à 1958, Washington a testé 67 armes nucléaires dans l’actuelle République des Îles Marshall, située dans le au milieu de l’océan Pacifique, entre Hawaï et les Philippines, malgré le passage de 75 ans, Washington n’a pas encore présenté d’excuses aux victimes, ni enlevé ou nettoyé les matières radioactives car la contamination radioactive reste un problème permanent pour les habitants de ces îles.

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