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Les Algériens de plus en plus nerveux face au manque de liquidités de leur pays

Les Algériens de plus en plus nerveux face au manque de liquidités de leur pays

Le 2020-08-13 09:00:00, Les Algériens de plus en plus nerveux face au manque de liquidités de leur pays

Pour faire face aux files d’attente et aux disputes opposant les clients des bureaux de poste aux employés face au manque de liquidités en Algérie, le gouvernement d’Abdelaziz Djerad a mis en place le 28 juillet plusieurs mesures d’urgence.

« Dernièrement, vous recevez un SMS indiquant la date du virement bancaire, la disponibilité de l’argent et les options de retrait », raconte un retraité qui en a marre de devoir faire la queue pour toucher sa pension. « Ces derniers mois ont été un enfer. Nous avons dû faire la queue dehors sous la chaleur torride. Heureusement, il y avait des bénévoles qui nous ont fourni des chaises pour que nous puissions prendre une pause », ajoute-t-il.

Le gouvernement a dû intervenir pour réduire l’impact négatif de la crise de liquidité, en demandant aux services concernés d’étaler le paiement des salaires, des retraites et des allocations sociales sur l’ensemble du mois, d’adapter les horaires d’ouverture des bureaux de poste en fonction de la demande et de limiter les retraits d’espèces.

En outre, le gouvernement a recommandé le transfert des fonds des agences en excès de liquidité vers celles en manque de liquidités, l’élargissement de l’accès aux distributeurs automatiques bancaires en établissant l’interopérabilité entre les systèmes monétiques d’Algérie Poste et ceux des banques et, enfin, que les acteurs de la société civile être autorisé à aider à superviser les files d’attente conformément aux directives de prévention des coronavirus.

Cependant, ces mesures semblent loin d’être adéquates, comme le suggère une note de la direction du service postal public, qui a récemment fixé une limite maximale de retrait d’espèces à 100 000 dinars (environ 777,5 $). Algérie Poste demande aux clients d’utiliser des méthodes alternatives telles que les virements inter-comptes et les paiements par chèque.

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« Cette semaine, lorsque j’ai voulu retirer 1 000 € de mon compte en devises étrangères, ma banque m’a demandé de justifier l’utilisation de cet argent. Qu’est-ce que je vais écrire ? Que je dois acheter une machine à laver ? C’est absurde de devoir expliquer pourquoi vous voulez retirer votre propre argent », explique Leila, une artiste franco-algérienne vivant dans le pays.

La chute des prix du pétrole couplée à la crise sanitaire provoquée par la pandémie de COVID-19 a provoqué un ralentissement économique qui impacte la circulation des espèces.

Vague de panique

La situation a suscité un sentiment généralisé d’inquiétude et de panique, qui a poussé les titulaires de comptes bancaires à retirer des sommes massives d’argent, principalement pour s’approvisionner en denrées alimentaires de base. Un peu moins de 400 milliards de dinars ont été retirés chaque mois des bureaux de poste.

Les épargnants les plus fidèles se sont abstenus de faire le moindre dépôt par crainte de ne pas pouvoir utiliser leur argent quand ils en auraient besoin. Quant aux opérateurs économiques, la plupart d’entre eux ont limité leurs transactions à des transactions en espèces.

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Fin juillet, Algérie Poste a reconnu que le ralentissement de l’activité économique avait conduit à un quasi-tarissement des dépôts en espèces dans les agences bancaires et les bureaux de poste.

Parmi les autres problèmes figuraient les contraintes supplémentaires engendrées par les nouvelles règles régissant les modalités de travail, le respect de la distanciation sociale et l’accès aux bureaux de poste et aux banques, ainsi que l’absence d’une partie du personnel féminin en raison de leurs obligations de garde d’enfants.

Intervention gouvernementale retardée

La crise de liquidité sans précédent s’est manifestée dès le mois de mars, avec une situation de plus en plus tendue dans les bureaux de poste, qui s’est rapidement transformée en un afflux ingérable de clients les jours de paie et lorsque les retraités et les handicapés devaient percevoir leurs pensions et allocations respectives. Certaines banques ont exigé que les titulaires de compte soumettent une demande 24 heures à l’avance au-delà d’une limite de retrait spécifique.

Fichiers d’attente interminables devant #Algérie poste pour retirer un argent indisponible. Avec des risques fous de diffusion de #COVID19dz. La faute à quiv ? Au peuple « indiscipliné » ? Au régime inapte à mettre en place le paiement/retrait par carte bancaire ?pic.twitter.com/42UQiZqZrv

— Houari Boukar 🇩🇿#ÉtatDeDroit (@Houari_Boukar) 10 juillet 2020

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Il a fallu deux mois au gouvernement pour admettre qu’il y avait un problème : le 18 mai, le ministre des Finances Abderrahmane Raouya a évoqué une baisse significative des liquidités bancaires devant la chambre basse du parlement algérien. Les banques, a-t-il ajouté, auront bientôt du mal à fournir des crédits aux entreprises.

A l’appui de cette affirmation, une note de la Banque d’Algérie en date du 9 juin indiquait que la liquidité globale des banques du pays était tombée sous le seuil symbolique de 1 milliard de dinars.


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