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Ce qu’il a ramené de sa visite en Argentine et en Uruguay (Vidéo exclusive)

Ce qu’il a ramené de sa visite en Argentine et à l’Uruguay (Vidéo exclusive)

Trois jours durant du 6 au 8 mai courant, au pas de course, le ministre des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui s’était rendu successivement à Buenos Aires et Montevideo. A plus de 10.000 km de Tunis, au cœur de l’Amérique latine, il devait ouvrir de nouvelles voies à la coopération bilatérale et accélérer l’adhésion de la Tunisie au Mercosur, ce marché des pays de l’Amérique du Sud.

Dans une interview à Leaders, à son retour à Tunis, le ministre Jhinaoui livre les principaux résultats de ces deux visites. Avec l’Argentine, de nouvelles perspectives dans les domaines de l’agriculture (le terrain a été préparé à la visite en juin prochain du ministre Samir Taieb à Buenos Aires), des Tics de l’industrie pharmaceutique et autres. Mais, aussi et c’est une nouveauté, un mécanisme d’appui diplomatique réciproque dans les ambassades respectives des deux pays. C’est ainsi que les postes diplomatiques tunisiens établis en Afrique subsaharienne apporteront facilités aux diplomates argentins dans les pays où l’Argentine ne dispose pas de ses propres ambassades. En réciprocité, il en va de même dans le sens inverse en Amérique latine. 

Avec l’Uruguay, l’expérience de l’informatisation de l’éducation, l‘avancée des Tics, la recherche en matière agricole, et autres performances offrent à la Tunisie de réelles opportunités de coopération.

Pour ce qui est du Mercosur, la présidence est assurée par l’Argentine alors que le siège se trouve en Uruguay… On réalise alors l’ampleur de la visite du ministre Jhinaoui, soigneusement préparée. Une mention particulière est méritée par les deux ambassadeurs respectifs de Tunisie à Buenos-Aires et Montevideo, Hichem Bayoudh, et d’Argentine à Tunis, Claudio Javier Rozencwaig.

Interview.

Monsieur le ministre, vous avez été le premier ministre des Affaires étrangères à vous rendre, le 8 mai courant, en Uruguay et, la veille, en Argentine

Je n’ai pas été le premier ministre tunisien des Affaires étrangères, je suis le ministre qui effectue une visite à Buenos Aires depuis 25 ans. En Uruguay, effectivement, j’ai été le premier depuis l’établissement d’une relation diplomatique en 65 à me rendre à Montevideo pour explorer les possibilités de coopération avec ce pays qui réussit. Il réussit dans des secteurs prioritaires pour la Tunisie, notamment au niveau de l’éducation. Vous savez qu’on a un véritable chantier à développer chez nous. Et je pense que l’Uruguay pourrait servir de modèle et d’exemple pour la Tunisie. Il a distribué des ordinateurs à toutes les écoles primaires dans le pays. La population est de 3500000 habitants et c’est un pays qui réalise grâce à ses efforts nationaux, des performances réelles en matière économique. Le revenu par tête d’habitants de 7000 $. Donc c’est un pays qui décolle, qui avance, et bien sûr la Tunisie, qui cherche à diversifier ses partenaires, nous avons estimé qu’il fallait prendre contact avec ce pays, voir avec ses responsables les possibilités de coopération dans certains secteurs comme l’éducation, l’agriculture, les technologies de l’information, et de secteurs aussi importants pour la Tunisie.

Et en Argentine?

En Argentine, c’est aussi une visite historique, puisque c’est la première depuis presque 25 ans. Cela m’a permis de poursuivre les consultations que j’ai entamées avec mon collègue quand il m’a rendu visite ici à Tunis en avril 2018. Presque une année après, je me suis rendu à Buenos Aires pour voir avec ce grand pays qui a aussi réalisé des avancées formidables en matière de développement agricole, de l’agro-industrie, des TICs. C’était une excellente visite, très riche en termes de rendez-vous. J’ai rencontré pratiquement tous les responsables argentins en commençant par le Premier ministre, président du Parlement, le ministre de l’Economie.

Le protocole a été en protocole d’État, de visite d’État?

Absolument.C’est une marque d’égards envers la Tunisie. Un grand respect pour la Tunisie mais, pour son expérience, pour sa transition. Et on a exploré aussi des pistes de coopération, encore une fois dans l’agriculture où, comme vous le savez, l’Argentine a réalisé des performances réelles. C’est l’une des agricultures les plus mécanisées au monde. Aujourd’hui, c’est un pays qui peut nourrir 400 millions d’habitants. L’Argentine, qui compte 45 million d’habitants, peut nourrir grâce à ses capacités de production 10 fois plus sa population. Comme d’ailleurs l’Uruguay qui peut nourrir une quarantaine de millions de personnes. Parce que c’est deux pays qui ont des vastes terres fertiles où il y a amplement des ressources hydrauliques et qui réalisent aussi des performances en matière de recherche technologique, en matière de pharmacie, produits pharmaceutiques.

Ils ont un partenariat ici en Tunisie avec les laboratoires Teriak 

Effectivement. Nous allons essayer d’élargir ce partenariat pour explorer d’autres pistes de coopération en matière agricole. Il y a trois ou quatre projets qui sont déjà en cours de réalisation. Notre objectif, c’est de baliser le terrain pour une coopération plus intense. Et j’espère que mon collègue le ministre de l’Agriculture va se rendre en juin prochain à Buenos Aires en continuité de cette visite.

Il s’agit d’identifier avec ses collègues les possibilités de coopération. Je les ai déjà contactés et préparés pour identifier les créneaux susceptibles de répondre aux priorités tunisiennes en matière de développement agricole.

Est-ce qu’il vous a été donné d’évoquer l’adhésion de la Tunisie au Mercosur?

Bien sûr. J’ai évoqué ça avec l’Argentine qui préside aujourd’hui le Mercosur. J’ai aussi discuté de ces questions-là à Montevideo en Uruguay qui abrite le siège du Mercosur. Je pense qu’après cette visite, les 4 pays membres du Mercosur vont accélérer la réponse pour l’organisation d’un deuxième round de négociations ici à Tunis.

Mission accomplie?

Oui. De toute façon, c’était une mission nécessaire, importante, parce qu’elle m’a permis de lancer le fondement d’une coopération que j’espère fructueuse entre deux pays importants de l’Amérique latine. En Argentine, j’ai discuté avec mon collègue de la possibilité de développer des relations bilatérales en Afrique subsaharienne où on pourrait donner des facilités à nos collègues argentins dans nos missions pour quelques représentants argentins. L’Argentine, en contrepartie, va nous offrir des facilités dans des capitales de l’Amérique latine où la Tunisie ne dispose pas d’ambassade.

C’est une grande nouveauté parce que l’Argentine n’est pas bien représentée en Afrique de l’Ouest

En Afrique de façon générale, l’Argentine n’est pas beaucoup représentée. Donc on peut les aider, nous, à développer leur présence en Afrique. Et nous, nous sommes mal représentés en Amérique latine. Nous n’avons que deux postes, deux ambassades. Ils sont prêts à nous offrir des locaux dans des pays latino-américains. Nous avons déjà commencé à identifier ces pays.

 

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