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Le 19 février 2019 / Rachid Nekkaz, le maire de Khenchla et le portrait de Bouteflika :Algerie Focus France

Le 19 février 2019 / Rachid Nekkaz, le maire de Khenchla et le portrait de Bouteflika :Algerie Focus France

Il y a un an jour pour jour, Rachid Nekkaz rassemblait des milliers de sympathisants à Khenchla. Le portrait du président déchu Abdelaziz Bouteflika avait été arraché et piétiné lors d’un rassemblement sur le parvis de l’APC. Un an plus tard, Rachid Nekkaz est en prison. Le Hirak a survécu à tant de manœuvres et est déterminé à atteindre son objectif : provoquer la rupture pour démanteler le système.   

Le 19 février 2019 est une date déterminante dans l’histoire du mouvement populaire qui a pris une dimension nationale deux jours plus tard.

Deux personnages ont contribué à faire de cette journée du 19 février, une journée pas comme les autres. Il s’agit du maire de la ville de Khenchla, Kamel Hachouf et l’inépuisable Rachid Nekkaz qu’on ne présente plus.

Que s’est-il passé ce jour-là ? 

La veille, le P/APC avait publié un post sur son compte Facebook, dans lequel il avait réitéré son soutien à un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika. Dans ce fameux post, il avait signifié, en usant d’un ton menaçant, aux autres candidats qui s’étaient présentés aux élections présidentielles du 18 avril, qu’ils n’étaient pas les bienvenus dans sa municipalité.

«Je suis Kamel Hachouf, je soutiens son excellence le président de la République, le candidat Abdelaziz Bouteflika pour un 5e mandat. J’assume la responsabilité de la population de la commune de Khenchela et celui qui veut prouver le contraire, le terrain est entre nous, et que celui qui se croit un homme parmi vous ose venir devant le siège de l’APC. Demain, inchallah, je serai sur le parvis de l’Hôtel de Ville, que vienne Nekkaz ou Ali Ghediri (…), je suis le seul à décider à Khenchela . J’assume la responsabilité de la population de la commune de Khenchela et celui qui veut prouver le contraire, le terrain est entre nous, et que celui qui se croit un homme parmi vous ose venir devant le siège de l’APC », avait-il écrit. Ce dernier avait même fait accrocher un gigantesque portrait de Bouteflika sur la façade de la mairie.

Le lendemain, Rachid Nekkaz s’était pointé devant la mairie, drainant une foule impressionnante. Ils étaient des milliers. Rachid Nekkaz avait relevé le défi. Il avait obtenu ses parrainages et porté sur les épaules des manifestants. Ils étaient des milliers à se rassembler pacifiquement ce jour-là.

Le fait marquant de cette journée pas comme les autres est sans conteste, le décrochage du gigantesque portrait de Bouteflika. Sur la façade de l’immeuble étaient accrochés le portrait et un drapeau. Les manifestants ont arraché le portrait en insistant sur le maintien de l’emblème national. Le portrait fur piétiné par les manifestants. Ce fut la chute avant la chute.

Un an plus tard, le Hirak continue. Il a survécu à des manœuvres vicieuses orchestrées par un régime déterminé à perdurer. Les objectifs du mouvement demeurent les mêmes : provoquer la rupture. Le Hirak est déterminé à démanteler un système représentant une menace réelle sur l’unité du pays.

Pour sa part, Rachid Nekkaz a connu un triste sort. Acteur incontestable du Hirak et activiste infatigable, il est aujourd’hui en prison. À son encontre ont été portées de lourdes accusations, dont celles d’« atteinte à l’unité nationale », « incitation des citoyens à prendre les armes », «attroupement et agression physique ».

Le jour de son arrestation le 4 décembre dernier, il venait de rentrer d’Espagne pour déposer une plainte contre le défunt chef d’état-major de l’armée Ahmed Gaïd Salah. La plainte en question se base sur la violation de l’article 55 de la constitution stipulant que « Tout citoyen jouissant de ses droits civils et politiques a le droit de choisir librement le lieu de sa résidence et de circuler sur le territoire national. Le droit d’entrée et de sortie du territoire national lui est garanti. Toute restriction à ces droits ne peut être ordonnée que pour une durée déterminée, par une décision motivée de l’autorité judiciaire. »

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