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Le business ramadhanesque des imams en France — TSA

Le business ramadhanesque des imams en France — TSA

Si l’imam de votre mosquée a pris des vacances ces jours derniers il y a de fortes chances qu’il se trouve en France. Comme à chaque ramadan, une petite légion d’imams partis d’Algérie est arrivée dans l’Hexagone.

Le but est de conduire la prière nocturne des tarawih considérée comme bienfaitrice après une journée de jeûne. Durant le mois de ramadhan, les fidèles sont plus nombreux à se rendre dans les moquées qu’en temps normal.

Sauf que les imams ne sont pas en nombre suffisants pour répondre à la demande. Du coup, chacune des grandes Fédérations de l’islam de France doit solliciter le pays auquel elle est affiliée afin de la pourvoir en hommes du culte.

La Fédération de la Grande mosquée de Paris affiliée à l’Algérie tient sous son influence environs 250 mosquées à travers le territoire de l’Hexagone, dont certaines ont déjà un imam permanent, rémunéré par l’ambassade.

« Un mois avant le ramadhan, nous envoyons une demande à l’administration de la Grande mosquée pour formuler nos besoins », explique un responsable régional du culte musulman. Selon lui, les « élus » doivent passer l’épreuve d’un premier filtre à Alger : la mémorisation du Coran et la capacité à le réciter puisque les fidèles doivent couronner le jeûne en ayant entendu l’ensemble du texte saint.

Les imams sont affectés dans les mosquées dont la capacité n’est pas la même. Plus le lieu de culte est grand, plus grand sera le « salaire ». Il peut aller jusqu’à 10.000 euros, selon le même responsable. Pendant le mois, l’imam est pris en charge, invité à rompre le jeûne chez les fidèles. Pour l’hébergement, le moins nanti est celui qui dort à la mosquée même. Sans compter les caprices et demandes imprévues comme celle des soins. Comme vient de faire l’imam affecté dans une mosquée de Bretagne.

Cela attise les appétits de nos religieux et provoque de la concurrence, voire même une sorte de marché parallèle de la parole sacrée destinée aux pieux jeûneurs.

Outre ceux qui sont envoyés par le ministère des Affaires religieuses, d’autres viennent par leurs propres moyens et se présentent à la mosquée de Paris ou dans d’autres lieux de culte pour proposer leur service. Ceux-là ont réussi à obtenir un visa et ont déjà eu une ou plusieurs prises en charge par le passé.

« Ils se mettent en congé de leur mosquée en Algérie, sachant qu’ils vont gagner au minimum 3.000 euros », décrypte un autre responsable religieux. D’autres, selon lui, sont acheminés par de fins connaisseurs qui prélèvent une commission sur le salaire payé par les fidèles. Trois fois durant le mois de ramadhan, l’association qui gère le mois de culte procède à une collecte auprès des fidèles. Le « ticket finale pour grimper jusqu’à 10.000 euros dans les grandes mosquées », détaillent les deux responsables interrogés par TSA.

L’imamat mène aussi à la clandestinité les heureux bénéficiaires d’un contrat de quatre ans. Une centaine de religieux sont sélectionnés par le ministère des Affaires et se font délivrer le permis de travail et le titre de résidence. Ils reçoivent un salaire mensuel versé par l’ambassade de 2.500 à 2.700 euros. Reviennent-ils à la fin de leur CDI ? « À 100% , ils ont envie de rester en France », affirme un des deux responsables. « Certains parviennent à se faire régulariser. Ce sont surtout ceux qui ont appris la langue française ».

D’autres repartent quand leur titre de séjour n’est pas renouvelé. D’autres encore préfèrent verser dans la clandestinité et vivront de la générosité des fidèles. Mais tous sont répertoriés par les autorités françaises. « Je vis mieux ma religion en France qu’en Algérie », a confessé à TSA un imam occasionnel, récemment arrivé en France après avoir pris sa retraite de l’Éducation nationale.

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