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Les MRE se disent piégés par la douane espagnole

Les MRE se disent piégés par la douane espagnole

Anouar Bourabaa est superviseur dans le domaine du nucléaire à Rouen. Le Franco-marocain était en vacances au Maroc en juillet et août dernier. Ayant fait le trajet Algesiras – Tanger pour venir au Maroc, transit qui s’est passé sans incident, il opte pour le même chemin au retour et se fait bloquer au port espagnol par la Douane, qui lui réclame 31% de la valeur de son véhicule immatriculé avec plaques de transit allemandes, soit 7000€.

En effet, c’est en juin 2019 qu’Anouar Bourabaa achète une Mercedes Benz GLA 2018 d’un garage en Allemagne. «Je suis particulier donc la taxe est acquittée», nous confie-t-il, répondant aux rumeurs qui évoquent une éventuelle «fraude» de la part des victimes. «Non, c’est faux», tranche-t-il.

Aucune information avant de quitter vers le Maroc

Mais si la décision des autorités espagnoles d’appliquer cette mesure ne date pas de cet été, le MRE affirme ne pas avoir eu d’information sur cette nouvelle mesure lorsqu’il s’apprêtait à quitter le port d’Algesiras vers le Maroc. «Aucun document ne nous a été donné. On nous a poussés à la faute afin de revenir et avoir ce beau cadeau», fustige-t-il en insistant sur le fait que «jamais» il n’a déclaré vouloir exporter son véhicule au Maroc.  «Nous sommes tous de simples touristes», assure-t-il.

Et même en arrivant au port d’Algesiras, les MRE qui sont dans la même situation ne peuvent plus faire demi-tour, car leurs véhicules sont immobilisés sur place et sont sommés de régler la taxe. «Nous avons demandé un traducteur, ils ont refusé. Ils ont même voulu nous menotter car on ne voulait pas donner nos clés de voiture», nous raconte-t-il pour témoigner de la tension entre victimes MRE et douaniers espagnols.

«Le ton est vite monté. Certains Marocains ont même failli se prendre des coups de tonfa (matraque, à laquelle une poignée latérale perpendiculaire est présente, environ à son quart, ndlr)», se souvient-il.

Une taxe à géométrie variable ?

Le Franco-marocain dénonce aussi le fait que la Douane espagnole ne taxe que les gros véhicules. «Les petites voitures sont passées. Une 307 Peugeot d’une valeur de 6 000 euros, tout comme une Renault Espace en WW, sont passées. Par contre les grosses voitures non. Un Hollandais a eu le droit à 31 000 euros alors que la TVA avait été payée en Allemagne», ajoute-t-il.

«Pour tout vous dire, c’est bien filtré. Un homme a eu le même souci que moi et il est passé car sa femme était Allemande. En plus, même au bureau l’Agencia Tributaria (l’administration fiscale en Espagne, ndlr), certains sont passés de 11 000 euros à 3000 euros à payer. Une fois le quota fait, certains ont eu le droit à un traitement de faveur.»

Anouar Bourabaa

Pour les Marocains qui prennent le bateau directeent vers l’Italie, le problème est identique. La douane italienne réclame 32 % de la valeur des véhicules selon les témoignages reçus du port de Gênes (voir photo d’illustration de cet article). Seule échapatoire pour les Marocains avec une plaque d’immatriculation temporaire : le port de Sète, car la France n’applique pas cette mesure pour le moment.

Aujourd’hui, Anouar Bourabaa tente de réunir un maximum de MRE lésés pour attaquer les services de la douane espagnole en justice. «Je pense que ça va être un long combat acharnée», conclut-il.

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