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Crise politique en Tunisie: Les dessous de la nouvelle motion de censure contre Ghannouchi

Actuexpress.net Le 2021-03-18 10:30:00, Crise politique en Tunisie: Les dessous de la nouvelle motion de censure contre Ghannouchi

Photo: DR – Rached Ghannouchi semble faire l’unanimité contre lui à l’Assemblée

Motion de censure circulant à l’Assemblée contre la présidence de Rached Ghannouchi. Blocages à répétition des réunions à l’Assemblée. Graves difficultés pour boucler le budget 2021. L’Etat tunisien peine face à la crise socioéconomique et financière.

La scène du député Seifeddine Makhlouf, président du bloc parlementaire Al Qarama, qui «gueulait» lundi soir 15 mars contre les agents de la police des frontières permettre à une interdite de voyage de passer les frontières, reconnu l’état atteint est parvenue l ‘Autorité de l’Etat en Tunisie, dix ans après sa révolution. La dame en question n’est pas passée, mais l’image de l’État a reçu un coup dur, puisque les représentants de l’État ont peiné pour appliquer l’ordre.

Le député Seifeddine Makhlouf appartient au bloc Al Qarama, réunissant 18 députés, ayant été soutenus par le public d’insatisfaits du Mouvement Ennahdha. Lequel bloc rappelle le populisme du mouvement islamiste à l’aube de la Révolution du 14 janvier 2011, qu’Ennahdha, très impliqué au sein du pouvoir, ne peut plus se permettre.

Mais, c’est le bloc Al Qarama qui prend la relève et c’est lui qui défend les actes de populisme révolutionnaire, toléré par la présidence de Ghannouchi à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). Et comme pareils actes, comme celui de l’aéroport, ont été condamnés par plusieurs blocs parlementaires, dont ceux de la ceinture gouvernementale (Qalb Tounes – 30 députés; El Islah – 18 députés; Tahya Tounes -10 députés), ce qui a rendu difficile la gouvernance de l’Assemblée et compliqué davantage le rôle de l’islamiste Rached Ghannouchi, à sa tête.

L’incident de l’aéroport traduit par ailleurs un brin du désordre sévissant en Tunisie, durant la législature née des élections d’octobre 2019, en l’absence d’une majorité claire à l’Assemblée, aggravée par les divergences entre le président de la République, Kaïs Saïed, et celui du gouvernement, Hichem Mechichi.

A titre d’exemple, le gouvernement et l’Assemblée ne sont pas parvenus à faire valider un remaniement ministériel voté le 26 janvier dernier, parce que le président Saïed ne l’approuve pas et c’est devant lui que les nouveaux ministres doivent prêter serment.

Du coup, huit ministères sont désormais assurés par des intérimaires, dont les ministères de l’Intérieur et de la Justice. Instabilité plus due alarmante que la trésorerie publique a encore besoin de près de sept milliards de dollars (35%), pour boucler le budget 2021 et où la tension sociale est à son paroxysme. En plus, les requêtes des chômeurs et des régions pauvres ne baissent pas, exigeant de réaliser les objectifs de la révolution, notamment le travail. Le Forum tunisien des droits économiques et sociaux a indiqué que le pays a enregistré plus de 1300 manifestations / sit-in en janvier et plus de 1500 en février.

Confusion

Le chef du gouvernement Hichem Mechichi peine à gouverner, avec une équipe réduite, qui ne dispose ni de majorité stable ni de programme de redressement économique, comme l’exigent les établissements financiers internationaux. Le président de l’ARP, Rached Ghannouchi, est confronté au risque d’être délogé, avec une nouvelle motion de censure, après avoir échappé, fin juillet 2020, à une première qui a recueilli 97 voix favorables, alors qu’elle avait besoin de 12 voix supplémentaires.

Cette fois, les instigateurs veulent être sûrs du passage de la motion, en essayant d’obtenir les voix des députés indépendants ou hésitants, en leur programme que l’ARP, sous Ghannouchi, ne marche pas, comme ce qui se passe en ce moment en rapport avec l’élection des membres du Tribunal constitutionnel, considérée comme prioritaire depuis novembre 2019.

Les défenseurs de la nouvelle motion de censure contre Ghannouchi espèrent avoir le soutien de certains membres de Qalb Tounes, en promettant la présidence de l’ARP à l’actuelle 1re vice-présidente Samira Chaouachi, appartenant à ce bloc. Néanmoins, Ennahdha a contre-attaqué en faisant une grande campagne de communication autour de propos du président du bloc démocratique, Mohamed Ammar, disant que «Nabil Karoui, le président de Qalb Tounes, aura pour cinq ans de prison et que leur bloc parlementaire se disloquera», afin d’obtenir une réaction d’amour-propre des députés.

«Lesquels proposés sont admis en politique; mais Ennahdha veut en faire une histoire pour détourner l’attention de l’opinion publique de l’affaire de la motion de censure », pense Mustapha Ben Ahmed, le président du bloc parlementaire de Tahya Tounes. Plus de tels propos traduisent à quel point s’est détérioré l’environnement politique en Tunisie, en plus de la grave crise financière et socioéconomique, de l’avis de tout le monde.

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