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des députés islamistes protègent les fichés S

des députés islamistes protègent les fichés S

Actuexpress.net Le 2021-03-19 15:57:16, des députés islamistes protègent les fichés S

Habib Bourguiba doit se retourner dans sa tombe pour le 65e anniversaire de la république tunisienne qu’il a fondé le 20 mars 1956. Les islamistes, dont le leader Rached Ghannouchi, qui fut son pire ennemi, trône au perchoir du Parlement, protègent désormais ouvertement les suspects de terrorisme. Des députés du parti Karama, dont un représentant avait justifié l’assassinat de Samuel Paty, ont provoqué de vifs incidents à l’aéroport de Tunis.

Une femme, fichée S, devait embarquer pour la Turquie mais les fonctionnaires de police lui avaient signifié son interdiction de vol. Ils s’appuyaient sur une circulaire limitant strictement les déplacements des fichés S. Les députés et leur chef Seifeddine Makhlouf, se sont rendus immédiatement à l’aéroport pour manifestant contre la décision et tenter de faire embarquer la passagère fichée.

Makhlouf a posté une vidéo, reprise par le site «Business news», dans laquelle il affirme «qu’il n’y a pas d’État et qu’en tant que député, il doit contrôler les institutions». Insultant au passage le passeport tunisien et accusant les agents de pratiques dignes de la dictature de Ben Ali, il a menacé d’un sit-in à l’aéroport. Les faits ont pris de telles proportions que le premier ministre Hichem Mechichi s’est rendu à son tour à l’aéroport pour soutenir les fonctionnaires. «L’immunité parlementaire ne doit pas se transformer en violation de la loi, a martelé le chef du gouvernement qui est aussi ministre de l’Intérieur. Personne n’est au-dessus de la loi. »La voyageuse suspecte n’a pas embarqué.

Dizaine de milliers de fichages

Le parti Karama («Dignité» en arabe) est proche du parti Ennahdha qui prétend ne plus rien avoir à faire avec l’islam politique et joue les modérés. Leur technique, éprouvée de longue date, est d’une ambiguïté absolue. L’affaire de l’aéroport en constitue une nouvelle illustration. Deux jours après l’événement, Ennahdha publiait en effet un communiqué dans sa langue de bois habituelle. D’un côté, il exprimait «le refus des événements survenus à l’aéroport» et appelait les députés à «ne pas perturber un établissement public» mais, de l’autre, il appelait «le gouvernement à revoir la procédure S17».

Compte tenu de sa population, la Tunisie est le pays qui a fourni le plus gros contingent de djihadistes au chaos syro-irakien. Ils seraient 3 000 selon les autorités tunisiennes, 5 550 selon les experts de l’ONU. Depuis 2017, un millier serait rentré. Mais le nombre de fichés S serait bien supérieur. Les associations de droits de l’homme, comme Amnesty International, parlent de dizaines de milliers de fichages. Ce qui englobe aussi bien les interdictions de voyager que les perquisitions et les convocations. Les autorités tunisiennes sont donc accusées d’user et d’abuser de «l’arbitraire». Or le pays est directement frappé par le terrorisme, qu’il s’agisse des attentats du musée du Bardo et de l’hôtel de Sousse en 2015, des attaques contre des postes de police au cœur de la capitale en 2019 ou des affrontements récurrents dans les monts Chaambi, fief des maquis djihadistes.

Agit-prop islamiste

Alors qu’on ne voit aucune issue à la catastrophe économique, et après toute une semaine de manifestations violentes au moment des dix ans de la révolution, en janvier dernier, les islamistes jouent sur la fragilité de l’État et des institutions comme dans les années 2012-2013. Les trublions et les pousse au crime de Karama font partie de ceux qui gouvernent le pays.

Retranché derrière sa dignité de président du Parlement, Rached Ghannouchi feint de prendre de la hauteur. En réalité, il joue la rue, comme Marianne vérifie en témoigne le compte de la manifestation du 27 février à Tunis. Karama, le parti croupion d’Ennahda, a représailles la recette de l’agit-prop islamiste en fonçant à l’aéroport de Carthage et en traitant les fonctionnaires chargés de faire respecter la loi d’agents nostalgiques de la dictature. Une accusation qui fleurit à tout bout de champ et hors de propos. Elle fait paradoxalement prospérer le nouveau «Parti destourien libre» qui se réclame de l’héritage bourguibien et se présente comme la seule alternative à l’islamo-populisme de Ghannouchi et du président Saied Kais les deux ennemis jurés qui se terminent pourtant si bien.

À LIRE AUSSI:Tunisie: les laïques K.-O., le pays en route vers le chaos?

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