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En Tunisie, la militante féministe Rania Amdouni libérée

En Tunisie, la militante féministe Rania Amdouni libérée

Actuexpress Le 2021-03-18 09:48:23, En Tunisie, la militante féministe Rania Amdouni libérée


La militante féministe Rania Amdouni déguisée en clown lors d'une manifestation anti-gouvernementale à Tunis, le 23 janvier 2021. La militante féministe Rania Amdouni déguisée en clown lors d’une manifestation anti-gouvernementale à Tunis, le 23 janvier 2021. FETHI BELAID / AFP

La justice tunisienne a décidé, mercredi 17 mars, de libérer la militante féministe Rania Amdouni, condamnée en première instance à six mois de prison ferme pour avoir notamment proféré des insultes envers des policiers, at-on appris auprès de ses avocats. Elle a été condamnée en appel, mais «le juge a allégé la peine à une amende de 200 dinars» (environ 60 euros), a précisé à l’AFP Me Hammadi Henchiri.

Lors de l’audience, la défense a réclamé un non-lieu pour cette militante LGBTQI + (personnes lesbiennes, gay, bi, trans, queer, intersexe et plus) de 26 ans, arrêtée le 27 février. «La prison n’est pas la solution», a plaidé son avocat Abennaceur Laouini, également militant des droits humains, appelant à ne pas permettre «la destruction de son avenir».

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Etudiante en cinéma connue pour sa présence exubérante lors des mobilisations pro-démocratie, Rania Amdouni avait été interpellée après s’être emportée dans un commissariat, où elle était venue se plaindre d’un nouvel incident de harcèlement commis selon elle par des policiers en civil . Après lancé des poursuites en 2020 contre avoir des policiers pour des insultes homophobes et une confiscation arbitraire de sa carte d’identité, elle avait été la cible d’une campagne de dénigrement alimentée par des syndicats policiers à l’occasion de sa participation à des manifestations en janvier.

Des dizaines d’organisations et personnalités de la société civile tunisiennes et étrangères avaient réclamé dans un communiqué commun, mardi, la libération immédiate de cette jeune femme, estimant que Mme Amdouni était «la cible d’une dérive policière et judiciaire que les autorités tunisiennes ont choisi de privilégier en réponse à la crise économique, sociale et politique qui asphyxie le pays ». Amnesty International a de son côté déploré les poursuites contre Rania Amdouni, qui envoient «un message inquiétant aux militants victimes de harcèlement».

La Tunisie, sous le joug d’un régime policier jusqu’en 2011, a fait depuis d’importantes avancées en matière de liberté d’expression, mais les systèmes sécuritaires et judiciaires ont été peu réformés. Les relations homosexuelles restent passibles de prison.

Le Monde avec AFP

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