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En Tunisie, militants et manifestants dénoncent une répression s’accumulent

En Tunisie, militants et manifestants dénoncent une répression s'accumulent

Actuexpress.net Le 2021-04-08 14:06:09, En Tunisie, militants et manifestants dénoncent une répression s’accumulent

Dans leurs locaux de l’Association tunisienne pour la justice et l’égalité (Damj), décorés de drapeaux gays, Hamza Nasri Jridi et Saif Ayadi se dis fatigués par le harcèlement policier qui s’est intensifié, selon eux, contre les militants. Le 18 mars, un policier en civil a «fait une descente illégale» dans les locaux, dénonce Hamza Nasri Jridi.

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Après un échange houleux, le policier est sorti «lorsque la porte a sonné», selon le militant de 27 ans. Damj a porté plainte. Mais Hamza Nasri Jridi et Saif Ayadi, accusés d’avoir agressé un député du parti islamique Ennahdha lors d’une manifestation, attend leur procès après avoir été classé en garde à vue, le 8 décembre 2020, puis libérés.

Les manifestants des quartiers populaires plus isolés

La répression policière s’est intensifiée depuis les grandes manifestations de janvier et février, ciblant les jeunes de quartiers défavorisés puis les membres d’ONG, dénonce le responsable de l’association. À ses côtés, Saif Ayadi, 23 ans, dénonce aussi des agressions, et affirme avoir été frappé par un policier en octobre lors d’une manifestation. «Fracture de l’omoplate et blessures à l’œil et aux jambes, énumère-t-il. La police m’a embarqué sans charges et sans droit à un avocat. »

Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux accuse le gouvernement d’avoir «privilégié l’approche sécuritaire», et évoque plus de 1 700 protestataires arrêtés en janvier et février, «pour la plupart, issus de milieux socioprofessionnels marginalisés». Pour Maître Hammadi Henchiri, avocat qui défend plusieurs militants d’associations, leur médiatisation est un avantage car, dit-il, les manifestants des quartiers populaires qu’il défend sont plus isolés. Ceux qu’il défend ont presque tous été libérés, mais certains ont été condamnés à du sursis ou des amendes.

Reconnaissant les actes de violence et de vandalisme ayant émis les rassemblements en début d’année dans ces quartiers, l’avocat affirme que «la police a arrêté des étudiants ou des travailleurs qui ont pas participé à ces manifestations, sans respecter leur droit à un avocat ».

Un «acharnement policier» contre les activistes

Selon Avocats sans frontières, «l’acharnement policier contre les activistes et les défenseurs des droits humains en Tunisie s’accroît de manière grave et alarmante». Parmi les cas évoqués par l’ONG, Mehdi Barhoumi, d ‘«International Alert», Mondher Saoudi, de «Cartographie citoyenne», ou Sami Hmid. Arrêtés ensemble, le 6 mars dernier, lors d’une soirée entre militants, malgré le couvre-feu, ils attendent toujours leur procès. Très impliqué dans les mobilisations sociales de janvier et février, Mehdi Barhoumi évoque des intimidations. «Les policiers nous ont dit que nous avions insulté leurs syndicats», confie-t-il. Tous trois encourent jusqu’à un an de prison.

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Mondher Saoudi, 25 ans, anneau à l’oreille, évoque des pressions répétées. «2021 représente pour moi un retour vers un État policier», dit-il, évoquant les années Ben Ali. Le président Kaïs Saïed a cependant promis de gracier les jeunes manifestants arrêtés, une fois les jugements définitifs prononcés.

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