in

la Tunisie sinistrée par une violente vague épidémique

la Tunisie sinistrée par une violente vague épidémique

Rédaction Le 2021-07-02 08:59:06, la Tunisie sinistrée par une violente vague épidémique

« Nous en sommes pratiquement à pratiquer une médecine de guerre », s’indigne, amère, Boutheina. L’infirmière en pédiatrie dénonce le manque cruel de moyens dans sa ville de Kairouan, la plus touchée par le coronavirus en Tunisie.

→ REPORTAGE. En Tunisie, la grande fatigue des ménages asphyxiés par la crise

« La nuit dernière, il n’y avait ni gants, ni gel, ni savon liquide. Les internes résolus des tests rapides aux malades à mains nues », explique-t-elle. Boutheina doit acheter elle-même des gants et des masques pour se protéger. « Les gens entrent comme ils veulent dans l’hôpital, même au service Covid-19, et ressortent s’asseoir dans les taxis avec des masques contaminés », peste-t-elle, la voix tressaillant de colère.

Cinq décès au service pédiatrie d’enfants

Les régions du Nord et du Centre de Kairouan, Béja, Siliana et Zaghouan, où plus de 400 cas pour 100 000 habitants sont enregistrés, sont sous confinement total depuis dix jours. Des images sur les réseaux sociaux ont créé un électrochoc. Une enquête a été ouverte après une vidéo d’un homme mourant asphyxié devant un hôpital. Les lits de réanimation sont occupés à 95 %. L’indignation a redoublé après les décès d’enfants. « Trois enfants hospitalisés ont le variant indien. Ces deux derniers mois, on a eu cinq décès au service pédiatrie d’enfants atteints de pathologies graves et qui ont contracté le coronavirus », rapporte Mohamed Rouiss, directeur régional de la Santé de Kairouan.

→ ANALYSER. La Tunisie, un pays si fragile

Deux hôpitaux de campagne ont été installés en catastrophe, un civil et un militaire. Des dizaines de patients ont été transférés vers les régions avoisinantes, explique Mohamed Rouiss, qui pointe une situation « catastrophique ».

« Heureusement la société civile est active »

Selon Boutheina, tous les nourrissons du service pédiatrique ont été contaminés. Plusieurs de ses collègues et tous ses proches aussi. « Heureusement la société civile est active. Des quartiers s’organisent pour offrir des équipements aux hôpitaux et aux gens malades à domicile ». L’infirmière évoque une pénurie de médicaments utilisés dans le traitement des cas les plus graves. Plusieurs organisations locales ont lancé un appel à l’aide internationale réclamant un pont aérien d’urgence face à l’incapacité du gouvernement.

Près de 6 000 cas et 116 décès ont été enregistrés mardi 29 juin dans ce pays de douze millions d’habitants. Un enregistrement. Mais, en dépit des recommandations du comité scientifique qui juge la situation « critique », le gouvernement n’a pas voulu décréter de confinement général. L’ouverture des frontières aux voyageurs munis d’un test PCR négatif, effective depuis le 1er juin, est maintenue. Seul le couvre-feu, rallongé de deux heures, s’applique dès 20 heures.

Le coût exorbitant des tests PCR

Toutefois, les gouverneurs des quatre régions du Grand Tunis ont décrété le bouclage de la capitale pour 14 jours à compter du 1er juillet, avec interdiction de rassemblements, et ouverture des cafés et restaurants uniquement en terrasse. Plusieurs autres gouverneurs ont décidé de mesures ciblées dans leurs régions, en fonction du taux d’incidence, tel que la réduction de l’activité des commerces et du taux d’accueil des lieux publics. Des mesures diversement respectées.

→ RELIRE. En Tunisie, le SOS pour sauver le secteur de la santé

L’épidémie est d’autant plus difficile à freiner que les tests PCR coûtent près de 200 dinars (environ 60 €) soit la moitié du salaire minimum. La campagne de vaccination est lente, le gouvernement ayant initialement misé sur le mécanisme Covax, qui a accusé des retards de livraison. Seuls 1,8 million d’habitants ont reçu une première dose et 550 000 sont totalement vaccinés.

What do you think?

26 Points
Upvote Downvote

Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Loading…

0
Actualité du club Al-Ahly Jeddah : Une crise "majeure" trouble Al-Ahly en Arabie saoudite avant le camp tunisien

Actualité du club Al-Ahly Jeddah : Une crise « majeure » trouble Al-Ahly en Arabie saoudite avant le camp tunisien

Igboho devrait être reconnaissant que le gouvernement de Buhari n'ait placé que des armes à feu, pas des bombes dans sa maison - l'activiste, Adeyanju

Igboho devrait être reconnaissant que le gouvernement de Buhari n’ait placé que des armes à feu, pas des bombes dans sa maison – l’activiste, Adeyanju