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Que nous voulons les Américains ?

Actuexpress.net Le 2021-09-07 09:24:46, Que nous voulons les Américains ?

Délégation parlementaire américaine reçue, samedi dernier, par le président Kais Saied.

Commençons d’abord par remercier les Américains pour leurs visites répétées et pour l’intérêt qu’ils portent à notre pays. Mais disons leur tout de suite, en toute amitié, que cet intérêt soutenu commence à nous embarrasser un peu. Et il y a de quoi…

Par Amor Cherni *

D’abord parce que nous ne leur avons rien demandé, sachant les innombrables problèmes qui les concernent dans le monde, et que nous ne voudrions, à aucun prix, les accabler encore par les nôtres. Ensuite parce que nous sommes « assez grands et nous le sommes devenus depuis notre première révolution, « pour résoudre nos problèmes tout seuls », sans l’aide de ressentir. Enfin, parce que l’Histoire nous a appris que chaque fois qu’un pays s’est immiscé dans les affaires des autres, les choses ont tourné aux préjudices de deux.

Ces graves blessures historiques

«La vieille Europe» l’a appris à ses dépends, depuis la traite négrière, à la honteuse «tragédie coloniale», aux tentatives répétées de maintenir son hégémonies sur les anciennes colonies qui, après avoir arraché leur indépendance politique, en Asie, en Afrique et ailleurs, lui échappent de plus en plus, pour recouvrir leur indépendance économique et entretenir des relations de plus en plus étroites avec des puissances dites « émergentes ».

On ne regrette pas les milliers de martyrs de martyrs, mais aussi les dommages matériels et moraux, qui ont été victimes de conflits qu’on peut voir aujourd’hui que comme des conflits injustes et absurdes. On ne peut aussi regretter que ces sommes colossales d’argent qui ont été consenties dans les guerres et les conquêtes de plus en plus dépensées dans le développement économique et la promotion culturelle des pays agressés, comme du reste des pays agresseurs ! Le seul résultat qui en a été recueilli, de nos jours, est une profonde blessure historique entre les héritiers des uns et des autres, blessure qui ne semble pas évoluer, selon toute apparence, vers une rapide cicatrisation.

Le «Nouveau monde», dont l’histoire est assez récente, a déjà à son actif, sinon à son passif, une charge historique très lourde, dont la dernière tragédie, l’Afghanistan, est en train de se dérouler, ces jours- ci, sous nos yeux. Il devrait tirer la leçon des expériences de ses premières aventures, sinon de ses propres aventures qui ont toujours tourné à l’échec et dont la dramatique liste est très longue. Combien de pays n’a-t-il pas dévastés ? Combien de peuples n’a-t-il pas été déchirés ? Combien d’âmes n’a-t-il pas soumises au trépas ? Combien de blessés, d’amputés, d’impotents, n’a-t-il pas laissé derrière ses bombardements ? Combien de sang et de larmes de femmes et d’enfants n’a-t-il pas fait couler ? Tout cela sur des décisions cavalières de responsables parfois irresponsables et fantasques, et au mépris du droit international. Tout cela apparaît déjà, sans attendre le jugement des siècles, comme un comportement injuste et absurde.

Que chacun reste chez lui et «cultive son jardin»

Voilà pourquoi nous avons raison de nous sentir un peu embarrassé par le cher intérêt que nous porte le «Nouveau monde». Nous avons assez d’intelligence et de mémoire pour nous rappeler ce que ce cher intérêt a coûté à des peuples parmi nos frères amis ; et nous savons qu’il leur coûte très cher !

Nous n’avons donc pas envie de transformer nos relations avec les Américains, de relations de sympathie, pour le moins, en relations d’antipathie, pour ne pas dire plus. Nous sommes un petit pays qui ne cherche à composer qu’avec des pays de sa taille. Nous sommes un pays neutre qui ne voudrait avoir de démêlés qu’avec des pays ayant la même doctrine politique que lui. La Suisse aurait pu nous intéresser, mais elle est trop développée pour nous ! Nous sommes donc obligés de nous rabattre sur nos voisins africains, qui commencent, depuis quelques années, meilleurs jours à la Libye !

Au reste nous aimons tous les pays du monde, sauf ceux qui reposent sur des injustices historiques. Nous voudrions vivre en paix avec nos voisins, à condition que chacun reste chez lui et «cultive son jardin».

* Philosophe.

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