in

TEMOIGNAGE. « Fils d’un braqueur, je risque la prison en Tunisie à cause de lui »

TEMOIGNAGE.  "Fils d'un braqueur, je risque la prison en Tunisie à cause de lui"

Rédaction Le 2021-04-25 08:00:00, TEMOIGNAGE. « Fils d’un braqueur, je risque la prison en Tunisie à cause de lui »

Sofiane Dridi ne peut pas retourner dans le pays de ses ancêtres. Son père, Mohamed Dridi, une figure du milieu du grand banditisme décédée il y a cinq ans, lui a laissé une ardoise bien difficile à effacer …

« Mon histoire est hors du commun », reconnaît l’obtention de Sofiane Dridi. Son père et sa mère se rencontrent dans des circonstances pour le moins rocambolesques. La jeune femme est serveuse dans un bar qui est racketté par l’homme dont elle tombe amoureuse. Quand Sofiane naît, en 1993, le petit naît pas de mère, mais il ne pose pas de questions. Certains sujets sont tabous à la maison. Son père, c’est Mohamed Dridi, et il a un pedigree long comme le bras.

Orphelin de père et abandonné par sa mère, Mohamed voit le jour en Tunisie et est élevé, en France, par ceux qu’il croit alors être ses parents, mais qui sont en fait son oncle et sa tante. Alors qu’il n’est que âgé de 11 ans, le jeune Mohamed apprend brutalement la vérité de la bouche d’un cousin jaloux, et il perd pied. Il entre dans le milieu et il devient Momo le turbulent. C’est la boxe qui va le sauver … provisoirement. Doué, le jeune garçon devient champion du monde de boxe anglaise et quatre fois champion de kickboxing.

Jusqu’à ses 10 ans, Sofiane ignorait tout de la véritable activité de son père Mohamed

Parallèlement, il se lance dans le monde de la nuit, mais s’occupe peu de son fils, confié à ses parents durant ses premières années. « Je ne voyais pas beaucoup mon père, car il avait ouvert une boîte de nuit fréquentée par des stars. Il était très souvent là-bas ou préparait ses combats », explique Sofiane Dridi. Les week-ends où le boxeur récupère son fils pour soulager sa mère malade, il le laisse souvent à des baby-sitters. « Il allait voir des fréquentations ou des gens du milieu », confie pudiquement son fils. Mohammed Dridi n’a en effet jamais arrêté ses activités illégales et s’est spécialisé dans le racket de bars.

Sofiane ignore tout de la véritable activité de son père, chez qui il retourne vivre quand il a 10 ans. Père et fils déménagent beaucoup pour se faire oublier ou pour les activités de Mohamed, qui s’est lancé en tant que comédien. « Nous sommes allés en Italie et en Tunisie, raconte Sofiane. Mon père était très proche du producteur tunisien Tarak Ben Ammar, et il avait plusieurs casquettes, à l’époque. Il a joué dans la série No Limit de Luc Besson et dans Joséphine, ange gardien. Il a également écrit un livre intitulé Momo le turbulent. « 

« Mets-toi devant la porte, lui dit son père. Je veux que personne ne rentre »

C’est lors de la promotion de son livre que le petit garçon découvre la véritable vie de son père. Dans un premier temps, son personnage de gros dur le rend fier. « Je me disais: ‘Mon père casse la gueule à tout le monde. C’est le plus fort' », explique Sofiane qui comprend alors ces rendez-vous étranges et ces bagarres soudaines. Certains souvenirs remontent à la surface, comme celui d’un déjeuner dans un bar en 2002. « L’ami d’une connaissance l’a provoqué en évoquant la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle. Mon père m’a dit: ‘Mets-toi devant la porte, je veux que personne ne rentre.’ Il lui a collé une gifle et l’a mis KO.  »

Sofiane grandit et apprend à faire avec ce quotidien qui ne ressemble en rien à celui de ses camarades. Quand il n’a que 18 ans, il est recruté par un club de football tunisien et part s’y installer avec son père. Mais les vieux démons de Mohamed sont toujours là, tapis dans l’ombre. « Quand j’ai signé mon contrat, j’ai ouvert un compte en banque et on m’a remis des cartes bancaires. Mais mon père a séduit la banquière! Elle lui a donné un chéquier que je n’avais pas commandé et il a fait des chèques en bois après les avoir signés à ma place « , déplore Sofiane, qui ne l’apprendra que beaucoup plus tard.

C’est Sofiane qui a retrouvé le corps de son père criblé de balles

En 2016, Mohamed est assassiné dans l’appartement qu’il partage avec son fils à Palavas-les-Flots. C’est Sofiane qui découvre son corps criblé de balles. Du jour au lendemain, le jeune homme de 23 ans perd tout: son père, son appartement placé sous scellés et sa vie. Il quitte les lieux avec son chien et deux sacs, et est obligé de vivre dans sa voiture. C’est quand il décide de faire rapatrier le corps de son père en Tunisie qu’il découvre qu’il ne peut pas y mettre un pied.

Visé par plusieurs avis de recherche, il risque une peine de prison en raison des malversations de son père, qui sera enterré en son absence. C’est la douche froide. « Mon employeur me demande un extrait de mon casier judiciaire français, belge et tunisien, mais ce dernier n’est pas vierge. D’autre part, je ne peux pas retourner en Tunisie. J’espère avoir des enfants un jour et j ‘ aimerais les emmener dans le pays de mon père et de mon grand-père, qui y sont enterrés. C’est une véritable frustration pour moi « , confie Sofiane, amer. Pour autant, il n’en veut pas à Mohamed Dridi. A tel point qu’il n’a qu’un rêve: participer un jour à Pékin Express. C’était le doux rêve qu’ils caressaient avec son père …

Inscrivez-vous à la Newsletter de Closermag.fr pour recevoir gratuitement les dernières actualités

What do you think?

24 points
Upvote Downvote

Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Loading…

0
تونس تدين عملية باريس وتعزي الشعب الفرنسي

La Tunisie condamne le processus de Paris et exprime ses condoléances au peuple français

الدينار الجزائري يتراجع أمام اليورو الأوروبي

Prix ​​de l’euro et du dollar en Algérie aujourd’hui, dimanche 25 avril 2021 … un bond général