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Une présidentielle avec le gouvernement Bedoui et sans mesures d’apaisement — TSA

L'Armée insiste sur l'organisation de la présidentielle dans « les plus brefs délais » — TSA

C’est à prendre ou à laisser. Tel semble être le message que voulait livrer le pouvoir aux Algériens à travers la convocation du corps électoral pour la tenue de la présidentielle le 12 décembre prochain.

Dans le discours à la nation lu dimanche soir par Abdelkader Bensalah, le chef de l’État par intérim, pas la moindre allusion à la possibilité de décréter les mesures d’apaisement et de confiance, unanimement réclamées jusque dans le camp de ceux qui ne rejettent pas foncièrement la solution électorale.

Il n’y aura pas même de changement de gouvernement, une concession que l’opposition et la société civile croyaient possible.

Si l’on se fie donc à la teneur du discours de Bensalah et aux derniers développements sur la scène nationale, l’élection présidentielle aura lieu dans les conditions que le pouvoir aura voulues, soit avec un champ politique et médiatique plus fermé que jamais, des atteintes flagrantes aux libertés et sous l’égide d’institutions héritées de l’ancien président et de ses frères et de textes concoctés dans la précipitation.

Depuis le début de la crise, le pouvoir n’a jamais fait preuve d’un pareil jusqu’au-boutisme. Il est resté certes intransigeant sur « sa » solution constitutionnelle et l’inéluctabilité de passer par une élection présidentielle, mais il n’a à aucun moment fermé la porte à l’apaisement du climat général.

Dans son discours du 3 juillet, le chef de l’État avait laissé entendre que les mesures de confiance seront décrétées à l’issue du dialogue auquel il venait d’appeler, en fonction des propositions des participants. En recevant le 25 du même mois les membres du panel de médiation, il s’était solennellement engagé à faire le nécessaire pour libérer les détenus d’opinion, lever le blocage sur la capitale et ouvrir les médias publics devant l’opposition. Mais il n’en sera rien après le véto mis publiquement par le chef d’état-major de l’armée. Même le coordinateur du panel a dû ravaler sa fierté, lui qui avait menacé de démissionner si ses préalables n’étaient pas acceptés.

Un dialogue vidé de sa substance

Si l’entêtement du pouvoir n’a pas amené Karim Younès à jeter l’éponge, il a en revanche vidé le dialogue de sa substance en dissuadant la quasi-totalité de l’opposition d’y prendre part.

Il semble qu’on a opté dans les hautes sphères pour la stratégie du fait accompli qui se confirme avec cette convocation du corps électoral qui ne laisse aucune possibilité de recul.

Non seulement les préalables réclamés sont ignorés, mais un tour de vis supplémentaire est porté sur les libertés. Karim Tabbou, un homme politique estimé du hirak est mis en prison et, le jour même de l’annonce de la date de l’élection, vingt-deux jeunes manifestants arrêtés lors du trentième acte de la révolution populaire sont placés sous mandat de dépôt.

À Constantine, une marche contre les élections est violemment réprimée. Trois manifestants arrêtés lors de cette marche comparaissaient ce lundi devant le juge.

Énième pied de nez à la contestation, l’autorité électorale, dont la mise en place est présentée comme une avancée monumentale, est confiée à un ancien ministre de la Justice de Bouteflika.

Il devient évident qu’après avoir échoué à faire plier le hirak, le pouvoir a opté pour le passage en force. Une stratégie qui n’est néanmoins pas sans risques. Outre celui d’exacerber la colère de la rue et de faire déraper la contestation jusque-là pacifique, les candidats sérieux risquent de ne pas être nombreux le 12 décembre sur la ligne de départ, de même que les électeurs devant les bureaux de vote.

Ali Benflis, l’un des rares à avoir laissé la porte ouverte à une participation au scrutin, a rappelé, quelques heures avant la convocation du corps électoral, qu’il s’en tenait toujours au préalable des mesures d’apaisement et de confiance.

Un champ politique et médiatique fermé, des candidats sans charisme et un boycott massif, quelle crédibilité subsistera pour le processus électoral et de quelle légitimité pourra se prévaloir le futur président ? Cela, dans les meilleurs des cas, c’est-à-dire si l’élection a lieu à la date prévue…

 

| LIRE AUSSI : Ce que prévoit la loi sur « l’autorité nationale indépendante » des élections

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